La série a immédiatement attirée les deux sexes. Les hommes l'aimaient pour des raisons évidentes et certains appréciaient même les histoires. Les femmes l'aimaient parce qu'elles pouvaient voir vraiment des femmes fortes comme Xena et Gabrielle bottant des fesses et ne se souciant pas des noms.
Avec la seconde saison, la série a commencé à flirter avec les subtexts lesbiens entre les deux femmes, une tendance peu commune parmi les séries de potes. Cela a simplement eu pour effet d'élever le profil de la série encore plus haut.
Depuis que la série s'est terminée, Renée et Lucy se sont toutes les deux faites rares. C'est parce que toutes les deux ont vécu une nouvelle aventure appelée maternité. Renée a donné naissance à son fils fin 2001 et malgré ce qui est noté sur IMDb, elle n'a pas déménagé en Nouvelle Zélande. Donc découvrons ce qu'elle est devenue.
-- J'ai lu que vous viviez maintenant en Nouvelle Zélande, mais vous dites que ce n'est pas le cas. Quel est donc votre statut ?
Renée : J'y retourne encore régulièrement et je considère que c'est ma seconde maison. Donc j'y retourne au minimum une fois par an si ce n'est deux.
-- IMDb a écrit que vous jouiez MacBeth au théâtre. Vrai ?
Renée : Oui. J'ai toujours été fascinée par Shakespeare au lycée.
-- Etait-ce la première fois que vous jouiez Shakespeare dans une production majeure ?
Renée : Oui. C'était ma première pièce de Shakespeare que je jouais en dehors du lycée ou de l'université, et mon but a toujours été d'interpréter Lady Macbeth donc j'étais ravie de pouvoir réaliser cela.
-- Donc que faites-vous en ce moment.
Renée : Je viens juste de terminer la production d'un film numérique intitulé Diamonds and Guns dans lequel je joue également. En fait ma nouvelle carrière consiste à produire mes propres projets que ce soit en numérique ou en film.
-- Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur Diamonds and Guns ?
Renée : Oui, c'est à propos de deux femmes dont l'une vient d'Amérique et l'autre de Nouvelle Zélande. Et je joue l'américaine qui se rend à Las Vegas avec son amie pour être ensemble durant un dernier week-end avant le retour de celle-ci en Nouvelle Zélande. Elles découvrent le véritable amour et se trouvent impliquées dans de nombreux problèmes.
-- Dans cet ordre ?
Renée : (Rires) Eh bien, maintenant. Mon personnage est une danseuse qui arrive dans ce qu'elle pensait être un show à Broadway mais qui s'avère en fait être un spectacle de topless.
-- Donc quand va-t-il sortir ?
Renée : Nous finissons juste la production en ce moment, donc quand nous aurons terminé nous prendrons contact avec des distributeurs qui sont intéressés. Je vais le présenter à des festivals et voir ce qui arrive, mais il sortira probablement directement en DVD.
-- Bon, maintenant que nous avons parlé de tout cela, abordons la série qui vous a fait connaître. Nos critiques disent que cette saison a été une grande rupture pour la série. Que retenez-vous de cette saison ?
Renée : Je pense que la série s'est définitivement épanouie dans l'ensemble de la seconde saison, parce que c'était la première fois que vous voyiez quelqu'un de sexy dans sa combinaison de cuir en bottant des fesses et en prenant des noms et en ne s'excusant auprès de personne et ensuite vous aviez sa meilleure amie avec ses qualités sentimentales qui l'a ramené à la vie. Vous aviez ces deux femmes ensemble avec lesquelles vous riez et pleuriez et passiez de bons moments. Donc c'était une alchimie vraiment étrange qui fonctionnait vraiment bien.
-- La série est devenue plus noire à chaque saison. Appréciez-vous cela ?
Renée : Moi j'avais la chance de jouer un personnage qui dans chaque saison se transforme et devient une femme, d'une jeune fille à une femme. Elle est partie d'une jeune fille naïve pour devenir une combattante pragmatique qui tourne autour de la princesse elle-même. Donc à cet égard mon personnage est devenu un peu plus noir. Mais globalement la série traitait de nombreux thèmes, de l'amitié à l'oppression et à la violence, toutes ces différentes choses dont nous parlions comme d'autres séries mais pas avec le sujet de la mythologie grecque.
-- Quelle a été votre réaction et celle de Lucy quand vous avez découvert que Xena mourrait à la fin ?
Renée : J'étais surprise, mais ensuite j'ai vraiment pensé que c'était le choix le plus fort et le plus culotté à faire parce que la totalité de la série était centrée sur la rédemption de Xena elle-même, et cela lui a donné la possibilité de finalement comprendre cela et d'avancer.
-- Est-ce qu'ils ont mis un point d'exclamation à la fin ? Les gens parlent d'un film potentiel est-ce qu'il y a des chances que cela arrive ?
Renée : Oh définitivement. Je pense qu'ils discutent juste et négocient avec les studios et ceux qui ont les droits.
-- Donc on parle de faire cela ?
Renée : Il y a des discussions. Je connais Lucy et j'adorerai faire cela d'une certaine manière cela dépend juste de qui l'achètera aux studios.
-- Êtes-vous restée amie avec elle ?
Renée : Oh mon dieu, bien sûr. Je parle avec elle aussi souvent que je le peux mais ça tend à n'être qu'une fois par mois parce que nous sommes toutes les deux tellement occupées avec nos carrières et nos familles.
-- Quel était l'épisode le plus mémorable de la saison 2 ?
Renée : Je pense que celui qui a un peu envenimé les choses était UN JOUR DANS LA VIE quand nous étions dans la baignoire. (petit rire)
-- Je ne peux pas imaginer POURQUOI.
Renée : Ouais, nous étions en train de prendre un petit bain. Nous savions que ça allait titiller un peu donc Lucy et moi avons décidé de se marrer et d'en faire trop. C'est simplement notre amitié. Nous nous en sommes moqués et nous avons passé un bon moment, donc nous tentons de démystifier ce que les gens peuvent attendre de cette scène.
-- Quel a été l'épisode le plus mémorable de la saison pour votre personnage dont vous vous souvenez.
Renée : La saison 2 a été difficile pour moi parce que j'ai réalisé que je voulais rester plus longtemps que je ne le voulais, donc j'essayais de comprendre ce que je faisais avec ce personnage. C'était l'une de ces saisons où je n'ai pas eu une grande contribution ou je n'ai eu aucun épisode où je me détachais excepté des épisodes comiques. Je dois dire UN JOUR DANS LA VIE est vraiment mon préféré parce que j'étais sous les projecteurs et que je m'amusais.
-- Etait-ce un effort conscient de jouer l'aspect lesbien ou était-ce simplement du genre amusons-nous avec ça ? Quelles ont été vos réactions quand vous avez vu la réaction des fans ?
Renée : Je pense que pendant le tournage de la série, Lucy et moi n'avions aucune idée du fait que ces deux femmes seraient de telles icônes pour le monde gay et lesbien et représenteraient autant de difficultés rencontrées par ces personnes. A cette époque nous voulions simplement nous amuser et c'est ce que nous avons fait.
-- Alors comment en êtes-vous arrivée au point de faire des déclarations politiques ?
Renée : C'est en quelque sorte arrivée à la série. Les gens ont d'une certaine manière projeté ces deux femmes en avant pour qu'elles représentent les femmes fortes dans le monde gay avec une amitié puissante, et ça nous est en quelque sorte arrivé. Nous n'avons jamais tenté de stéréotyper les personnages à être comme ci ou comme ça parce que nous voulions que ce soit basé sur les histoires et l'amitié et les batailles plutôt que de dire oui, nous sommes hors du placard maintenant.
-- Je n'ai pas beaucoup regardé mais il me semble me souvenir que la sexualité était peu exposée. Où ont-ils trouvé la piste en ce sens ?
Renée : C'est amusant parce qu'il y a tellement d'amour entre ces deux femmes. En regardant à nouveau les épisodes que je n'avais pas revu depuis des années, je peux absolument voir ce dont les gens parlaient, le subtext est là. Lucy et moi nous nous aimions comme amies et la manière dont la série est écrite, les personnages comptent l'un sur l'autre pour leur vie, et s'aiment si profondément que vous projetez ce que vous voulez voir. Et il n'y avait pas d'homme dans la série, juste une poignée de personnages, donc tout tournait autour de ces deux femmes.
-- Eh bien, elle avait Ares.
Renée : Eh bien, c'était amusant et sexy.
-- Dommage que vous n'en ayez pas eu un pour vous.
Renée : J'étais la troisième roue du carrosse à bien des égards (rires).
-- Quel était le personnage secondaire avec lequel vous préfériez jouer ?
Renée : En parlant de Kevin Smith (Ares) c'était simplement un rêve de travailler avec lui. C'est un tel professionnel et un homme énormément et extrêmement talentueux au point que nous n'avons pas fini de le montrer dans chaque épisode. Il était l'une de ces personnes que vous attendez impatiemment de voir à l'écran. C'était une poupée.
-- Qu'en était-il de Calisto ?
Elle jouait un personnage dur. Son personnage était assez froid et furieux. Quelque fois il est dur de jouer un personnage comme ça et d'être aimable en même temps. Donc je laissais toujours à Hudson son espace pour faire ce qu'elle voulait. Mais j'ai toujours aimé travailler avec des personnes qui ont joué dans des comédies parce qu'on peut vraiment cavaler.
Renée : C'est la saison où Lucy s'est casée une hanche pendant une cascade. Est-ce que vous avez déjà souffert de sérieuses bosses ou bleus ? C'était une série pour le moins physique.
Renée : J'ai la chance de pouvoir dire que je ne suis jamais repartie avec un gros traumatisme. J'ai eu une entorse de cheville et un grand nombre de bosses et de bleus. Mon Dieu je suis tellement chanceuse. Rien ne m'a traumatisé d'aucune sorte à par le fait de courir sans rien au milieu de l'hiver en Nouvelle Zélande. (Rires)
-- C'est la première saison où vous avez fait des commentaires. Est-ce que vous attendez de pouvoir en faire plus ?
Renée : Oui. Lucy et moi finissons juste de faire les commentaires de la saison trois.
-- Combien en avez-vous fait ?
Renée : Oh mon Dieu, je ne me rappelle pas. C'était un marathon Xena. Je sais que nous avons regardé Bittersweet et Lucy a regardé The Dead .
-- Depuis que vous partagez votre temps entre les Etats-Unis et la Nouvelle Zélande, est-ce que vous avez déjà pensé à travailler avec leur industrie du film grandissante ?
Renée : Je regarde toujours si je peux prendre un travail là-bas, et si je ne peux rien produire aux States en format numérique et si je dois faire quoi que ce soit en film, je préférerai le faire en Nouvelle Zélande. Donc je regarde toujours la possibilité d'avoir du travail là-bas. Je vais travailler sur un projet pour Sci Fi Channel et la première chose que je leur ai dite est faîtes le en Nouvelle Zélande. Le nombre de talents y est énorme. Regardez le nombre de personnes là-bas qui ont travaillé sur Xena et Hercules et sont repartis pour Le Seigneur des Anneaux, Le Dernier Samouraï et Whale Rider. C'est une richesse de talents.
-- Quand vous parlez de production numérique de quoi parlez-vous ?
Renée : Depuis que j'ai fini Xena, j'ai fait un grand nombre de recherches sur les medias numériques depuis que ça a commencé à arriver. Donc j'ai travaillé à produire ce film que nous avons tourné avec une caméra DV, et le défi était de le faire ressembler le plus possible à quelque chose de cinématique. Vous trouvez juste les trucs pour changer ce que vous faites normalement dans un film et le placez directement sur le médium digital. C'est une résolution beaucoup plus pointue mais elle dépend de la caméra DV. Si vous décidez de le transférer en film, vous devez vous assurer que vous avez modernisé tout cela pour que cela semble aussi propre que possible avant de le transformer en film.
-- Qu'est-ce qui vous a transformé en accro de la technologie ?
Renée : J'adore ça ! Je suis tellement fascinée. Vous savez ce que c'est pour moi, je me détache d'une série télévisée et j'ai un grand nombre d'outils à ma disposition et je connais un grand nombre de choses que j'ai gagné en travaillant pendant six ans sur cette série et je veux les utiliser et je veux raconter mes propres histoires, et ça me donne la possibilité avec tous ces autres cinéastes indépendants d'être là et de le dire sans avoir à attendre que quelqu'un de plus grand que moi dise oui ou non ou y réfléchisse.
-- Est-ce que c'est plus petit-budget-entre-amis le numérique ?
Renée : Oui. Et il y a une énorme société ici où chacun veut apprendre et où chacun veut aider l'autre. Je jure, dans vingt ans à partir d'aujourd'hui de faire attention.
-- Donc voulez-vous produire ou jouer ?
Renée : Produire et réaliser et jouer. Je veux tout faire.
Traduction Isabelle B. Price (16 Juin 2008)